Claire Van Lubeek, Disenchanted, vue d'exposition, © Annik Wetter
Claire Van Lubeek, Disenchanted, vue d’exposition, © Annik Wetter
Claire Van Lubeek, Disenchanted, vue d'exposition, © Annik Wetter
Claire Van Lubeek, Disenchanted, vue d’exposition, © Annik Wetter
Claire Van Lubeek, Disenchanted, vue d'exposition, © Annik Wetter
Claire Van Lubeek, Disenchanted, vue d’exposition, © Annik Wetter
Claire Van Lubeek, Disenchanted, vue d'exposition, © Annik Wetter
Claire Van Lubeek, Disenchanted, vue d’exposition, © Annik Wetter
Claire Van Lubeek, Disenchanted, vue d'exposition, © Annik Wetter
Claire Van Lubeek, Disenchanted, vue d’exposition, © Annik Wetter
Claire Van Lubeek, Disenchanted, vue d'exposition, © Annik Wetter
Claire Van Lubeek, Disenchanted, vue d’exposition, © Annik Wetter

CLAIRE VAN LUBEEK

Disenchanted

Vernissage le 8 novembre 2018
Exposition du 9 novembre au 15 décembre 2018

Des lambeaux de cires et de tissus attachés à des structures métalliques suggèrent les restes d’une chair meurtrie et difficilement indentifiable.
Dans les sillons, entre les débris, les restes luttent et se réorganisent de manière arbitraire et délicate. Ils forment des agencements ouvragés qui semblent vouloir s’esthétiser.
Le dispositif imaginé par Claire van Lubeek peut évoquer les Meat cables de Paul Thek et la beauté morbide de la relique. Entre violence et ornement, une fétichisation macabre, prémices d’un système matérialiste et vertical.
La narration qui se déploie dans l’exposition de Claire van Lubeek propose une temporalité suspendue.
Tendus comme des peaux en instance de tannage ou pendant atoniques à des crochets, la putrescibilité des lambeaux de chair révèle une activité inattendue. Animaux, humains, masculins ou féminins, ces éléments organiques ne dévoilent rien de leurs vécus mais témoignent d’une certaine résistance, d’une survivance voire d’un état d’adaptation.
D’un sentiment de désolation générale se détachent deux éléments plus facétieux.
A l’entrée de l’exposition, une vidéo tourne en boucle. Elle donne à voir des superpositions d’images, principalement des coulées de laves et des incendies de maisons. La gravité du propos est contre balancée par une bande sonore rappelant la playlist qui tourne dans un environnement domestique le temps d’une journée. Les maisons s’avèrent être des maquettes de papier construites dans des boîtes en carton. Les images apparaissent comme des ruminations ou une introspection survenant dans un état post-traumatique.
Entre fantasme, représentation, cauchemar et réalité, les boîtes mises en scène dans la vidéo annoncent un jeu de variations d’échelles qui brouille les pistes.
Dans la troisième salle, le visiteur achève son parcours sur un oeil géant échoué au sol. Entre gore et désopilance, des sortes de nerfs le relient encore à son orbite (une fenêtre de l’espace d’exposition) dont il semble avoir été arraché.
Alors que l’échelle réduite des maquettes de la vidéo induisait une distance confortable, plaçant le visiteur en voyeur, cette posture se renverse à la fin de sa visite par l’échelle architecturale de cet œil. L’espace d’exposition est alors lui même envisagé comme une boîte qui intègre peu à peu le visiteur comme un élément de narration.
La boîte est un élément récurrent du travail de Claire van Lubeek. Elle joue le rôle de micro environnements, des ‘expositions dans l’exposition’. Dans le cas de Disenchanted l’exposition est mise en boîte. Une boite blanche ou un white cube, symbole d’une liberté fictive, normalisé, digéré puis désenchanté, devenant sujet de représentation.
Au delà de la dystopie, l’artiste met en évidence la présence physique du visiteur et propose une lecture anatomique et organique d’une visite d’exposition.