Constellation Pyrrhon, Cyril Aboucaya, Jessica Lajard, vue d'exposition, 2017 © Julien Gremaud
Constellation Pyrrhon, Cyril Aboucaya, Jessica Lajard, vue d’exposition, 2017 © Julien Gremaud
Constellation Pyrrhon, Cyril Aboucaya, Jessica Lajard, vue d'exposition, 2017 © Julien Gremaud
Constellation Pyrrhon, Cyril Aboucaya, Jessica Lajard, vue d’exposition, 2017 © Julien Gremaud
Constellation Pyrrhon, Jérémy Piningre, Anne Hildbrand, Lorraine Châteaux, vue d'exposition, 2017 © Julien Gremaud
Constellation Pyrrhon, Jérémy Piningre, Anne Hildbrand, Lorraine Châteaux, vue d’exposition, 2017 © Julien Gremaud
Constellation Pyrrhon, Jérémy Piningre, vue d'exposition, 2017 © Julien Gremaud
Constellation Pyrrhon, Jérémy Piningre, vue d’exposition, 2017 © Julien Gremaud
Constellation Pyrrhon, Lorraine Château, vue d'exposition, 2017 © Julien Gremaud
Constellation Pyrrhon, Lorraine Château, vue d’exposition, 2017 © Julien Gremaud
Constellation Pyrrhon, Lorraine Château, vue d'exposition, 2017 © Julien Gremaud
Constellation Pyrrhon, Lorraine Château, vue d’exposition, 2017 © Julien Gremaud

CONSTELLATION PYRRHON

CONSTELLATION PYRRHON

Vernissage le jeudi 18 mai 2017
Exposition du 19 mai au 22 juillet 2017

Exposition et texte de Sarah et Juliette Ihler Meyer

Pyrrhon a plus de deux mille ans et n’a pas pris une ride. Et pour cause, ce maître du scepticisme semble directement connecté à l’art contemporain ; un art du doute davantage que des certitudes, a fortiori quant aux notions d’«art» et de «vérité». Deux notions ayant en grande partie gardé leur pertinence et leur caractère régulateur pour l’art classique et la modernité artistique, portés par des croyances spécifiques quant à l’«essence» de l’art et la «vérité» dont il est porteur. D’une part, avec la tradition de l’Ut Pictura Poesis, les œuvres se doivent bien souvent de reconduire des «vérités» établies pour asseoir les pouvoirs en place, relatives à l’Histoire et à la religion. D’autre part, tout en bousculant les canons de l’art classique, la plupart des avant-gardes historiques ont prétendu détenir les principes devant régir l’art et partagé une même croyance dans sa capacité à dévoiler une «vérité» considérée comme indicible et infigurable.

Ainsi, à rebours d’une vocation commune de l’art classique et de la modernité artistique à rendre compte de «vérités», l’art contemporain semble en partie se situer du côté d’une mise en suspens du jugement: aux différentes théories sur le rôle et les pouvoirs de l’art, fait suite un relativisme ramenant toute chose à son statut de construction sociale. Plus spécifiquement, «Constellation Pyrrhon» s’attache aux manifestations d’un scepticisme teinté d’humour, éloigné de toute forme de mélancolie ou de nihilisme. Soit cinq artistes dont les productions déjouent avec ironie un ensemble de catégories, normes et représentations instituées, aussi bien artistiques qu’extra-artistiques. Art/design, valeur esthétique/valeur d’usage, valeur symbolique/valeur d’échange, bon goût/mauvais goût, masculin/féminin, sacré/profane,… autant d’oppositions classiques ici bousculées au profit de formes hybrides.

C’est par exemple le cas des sculptures de Cyril Aboucaya, au croisement de l’art minimal, du design industriel et des monuments aux morts, synthèses visuelles où s’énonce la migration des formes et des usages, mais aussi le devenir marchand des avant-gardes historiques. Une contamination et une circulation des formes que l’on retrouve dans les installations de Lorraine Châteaux, empruntant à l’esthétique des showroom, aux codes du marketing tout comme à l’histoire du design, aux rites ancestraux et au folklore industriel. Brouillant les frontières entre l’humain, l’animal et le végétal, les sculptures en céramique de Jessica Lajard jouent quant à elles sur les limites entre bon et mauvais goût, mais aussi sur l’interversion des qualités traditionnellement attribuées aux genres «féminin» et «masculin». Entre bande dessinée et art contemporain, Jérémy Piningre imagine pour sa part avec A conversation with art un récit dont les protagonistes sont une sculpture et cinq tableaux cherchant à se faire découvrir et aimer, interrogeant par la même occasion les conditions de reconnaissance d’un objet en tant qu’œuvre d’art. Enfin, avec Stonehenge avec Wi-Fi, Anne Hildbrand crée un étrange monument à partir du mobilier de la galerie, de planches de skate brisées et d’un porte-bouteille rouillé.