Fabian Boschung, La Langosta Loca, 2019, © Annik Wetter
Fabian Boschung, La Langosta Loca, vue d’exposition, 2019, © Annik Wetter
Fabian Boschung, La Langosta Loca, 2019, © Annik Wetter
Fabian Boschung, La Langosta Loca, vue d’exposition, 2019, © Annik Wetter
Fabian Boschung, La Langosta Loca, vue d'exposition, 2019, © Annik Wetter
Fabian Boschung, La Langosta Loca, vue d’exposition, 2019, © Annik Wetter
Fabian Boschung, La Langosta Loca, vue d'exposition, 2019, © Annik Wetter
Fabian Boschung, La Langosta Loca, vue d’exposition, 2019, © Annik Wetter
Fabian Boschung, La Langosta Loca, vue d'exposition, 2019, © Annik Wetter
Fabian Boschung, La Langosta Loca, vue d’exposition, 2019, © Annik Wetter

FABIAN BOSCHUNG

LA LANGOSTA LOCA

14 mars 2019
Exposition du 15 mars au 27 avril 2019

«Guadalajara, Mexique. La Langosta Loca, restaurant de fruits de mer, sert de décor à la séquence d’anthologie d’une série fétiche de Netflix. Celle ci met en scène de redoutables narcotrafiquants mexicains, assassinant froidement de jeunes américains. Les deux touristes soupçonnés à tort de travailler pour la DEA (l’agence anti-drogue américaine) payent de leurs vies la fureur du cartel nageant en pleine crise de paranoïa. Les gangsters stars sont confortablement attablés autour d’un gigantesque plateau de fruits de mer et d’une montagne de cocaïne d’excellente qualité.»
La langosta loca, qui se traduit littéralement par «le homard fou», est un projet inédit dont le synopsis est clair: l’artiste invite le visiteur a déambuler dans l’univers sombre et excessif d’une très populaire série télévisée dont les protagonistes sont des narcotrafiquants.
Trois pièces articulent l’exposition qui évoque un plateau de cinéma en attente de tournage. Les pièces, réalisées à l’échelle 1 engagent physiquement le visiteur dans leur activation. Le dispositif simple et ternaire propose une appréhension en crescendo du scénario gore et sans scrupules pensé pour être particulièrement scandaleux et impactant.
Si l’esthétique du projet repose sur un cliché cinématographique populaire, le propos s’articule de manière cocasse et sarcastique autour de la question du pouvoir dans la globalité des ses occurrences.
Une lecture ambiguë, entre parodie et admiration, d’un état de l’art clanique et rocambolesque, doté d’une beauté déceptive somme tout attirante.
Attiré par la lumière du néon, le visiteur commence à découvrir l’exposition de l’extérieur. Lorsqu’il entre, il se confronte à une pièce vide constituant le caisson démesuré d’une fausse enseigne de restaurant. Cette sculpture en tubes lumineux, chargée de l’histoire du ready-made et de la sculpture minimale, tourne le dos au visiteur pour lui dévoiler ses dessous.
La deuxième étape du parcours s’arrête sur une pièce monochrome. Un plateau de fruits de mer vide en forme de bateau blanc, placé sur un socle. Une fois encore les références historiques sont invoquées pour être instantanément désamorcées par l’absurdité de la composition. Agrémenté d’une loupiotte cheap et faiblarde, ce vaisseau de polystyrène évoque l’embarcation de Charon sur le Styx et annonce un macabre scénario.
Au troisième acte de l’exposition, le visiteur découvre un frigo garni des restes d’un règlement de comptes particulièrement sanglant et dérangé.
Dans une atmosphère kafkaïenne, La langosta loca propose une fiction qui, plutôt que de trancher entre rire et sérieux, opte pour une espièglerie qui rappelle les interventions pièges d’un Daniel Spoerri ou l’absurdité tragi-comique des sculptures de Martin Kippenberger.
Une théâtralisation outrancière, riche de sens, d’autodérision et de possibles lectures.