Frédéric Gabioud, vue d'exposition, 2015 © Annik Wetter
Frédéric Gabioud, vue d’exposition, 2015 © Annik Wetter
Frédéric Gabioud, vue d'exposition, 2015 © Annik Wetter
Frédéric Gabioud, vue d’exposition, 2015 © Annik Wetter
Frédéric Gabioud, vue d'exposition, 2015 © Annik Wetter
Frédéric Gabioud, vue d’exposition, 2015 © Annik Wetter
Frédéric Gabioud, vue d'exposition, 2015 © Annik Wetter
Frédéric Gabioud, vue d’exposition, 2015 © Annik Wetter
Frédéric Gabioud, vue d'exposition, 2015 © Annik Wetter
Frédéric Gabioud, vue d’exposition, 2015 © Annik Wetter
Frédéric Gabioud, vue d'exposition, 2015 © Annik Wetter
Frédéric Gabioud, vue d’exposition, 2015 © Annik Wetter

FRÉDÉRIC GABIOUD

Aristarco

Vernissage le jeudi 27 janvier 2015
Exposition du 28 janvier au 7 mars 2015

« The Aristarco name is synonymous with success and prestige »; agrémenté d’un pouce levé, voici ce qu’affirme sur sa page internet le fabricant de machines à laver la vaisselle installé depuis 1950 au sud-ouest de Londres.

Si Aristarco est une florissante manufacture d’électroménager, c’est aussi le prénom d’un astronome et mathématicien ayant vécu entre 310 et 230 avant JC.

Ce dernier avait développé une recherche prometteuse engageant ses pairs à se pencher sur un possible fonctionnement héliocentrique de notre univers.

Aujourd’hui, à Genève, à Quark, Aristarco est une exposition personnelle du jeune artiste Frédéric Gabioud.

Diplômé de l’Ecole Cantonale d’Art de Lausanne, Frédéric Gabioud développe une pratique picturale monochrome claire, fraîche et acide. Sans rigoureusement s’inscrire dans l’héritage de grands mouvements suisses ou américains, l’artiste laisse transparaître des affinités évidentes avec le minimalisme, l’Art concret ou le Néo-Géo.

Frédéric Gabioud expose des sculptures, des dessins et une série de shaped canvases monochromes.

Comme support à ses toiles, il réalise avec une technicité rigoureuse des structures qui se rapprochent d’une production industrielle. Les châssis architecturés jouent d’angles, d’inclinaisons et d’assemblages qui chargent les toiles d’une dynamique singulière. A la manière des constructivistes russes, son modus operandi s’inspire de celui d’un ingénieur et relève d’une culture du matériau. Il apparait alors une ambiguité quant au medium rapprochant ces monochromes de l’objet. Un faux faux-semblant désamorcé par l’artiste qui confirme ses pièces en tant que peintures, laissant apparaitre une bordure de toile vierge autour de chacune.

L’artiste propose alors une version profane du sacrosaint monochrome ; il lui confère une nouvelle jeunesse en le faisant échapper à la caricature plébéienne de la pochade bourgeoise dont il est couramment victime.

En effet l’art minimal souvent taxé d’élitiste est aujourd’hui paradoxalement intégré à une esthétique populaire plutôt parvenue. Fréderic Gabioud, par le biais d’une approche faussement industrielle, désamorce ce complexe sous le prisme de l’humour.

C’est avec un soin tout particulier que l’artiste décide les noms de ses peintures et sculptures. Les formats allongés Tetraethyldithiopyrophosphate ou encore Diethyldiisocyanatobenzene, sont nommés d’après des formules chimiques. Une manière pour l’artiste de souligner l’aspect technique de ces pièces qu’il envisage comme des matériaux profilés ainsi qu’une auto dérision claire « d’un titre à rallonge pour une œuvre à rallonge ».

La série de sculptures intitulée Gastronom, joue quant à elle d’une pirouette qui convoque l’aspect alimentaire du film aluminium employé par l’artiste et du rendu presque spatial des sculptures achevées.

Frédéric Gabioud réalise un travail rigoureux et précis qui témoigne d’un regard avisé sur l’art d’aujourd’hui, une maitrise subtile de l’humour et de la référence agrémentée d’une discrète et élégante dose d’ironie.