Annik-Wetter_2017-09-28_10070REvx21, Guillaume Ehinger, vue d’exposition, 2017 © Annik Wetter

Annik-Wetter_2017-09-28_10086REvx21, Guillaume Ehinger, vue d’exposition, 2017 © Annik Wetter

Annik-Wetter_2017-09-28_10063REvx21, Guillaume Ehinger, vue d’exposition, 2017 © Annik Wetter

Annik-Wetter_2017-09-28_10045REvx21, Guillaume Ehinger, vue d’exposition, 2017 © Annik Wetter

Annik-Wetter_2017-09-28_10040REvx21, Guillaume Ehinger, vue d’exposition, 2017 © Annik Wetter

GUILLAUME EHINGER

REvx21

Vernissage le jeudi 14 septembre 2017
Exposition du 15 septembre au 28 octobre 2017

Avec la participation de Sarah Di Venosa

Texte de Elisa Langlois

La recherche plastique de Guillaume Ehinger semble s’élaborer selon un modus operandi récurrent. L’artiste procède par déclinaisons et digressions de formes empruntées à des thématiques populaires s’apparentant à une sorte de « folklore machiste ». Cet épuisement formel entraine une annulation du sens pour filtrer un répertoire de formes et de matériaux.

REvx21 est un projet qui s’est développé autour de l’univers de la transformation automobile. C’est à partir des enjeux tant symboliques que formels sollicités par le « tunning », que l’artiste recompose une fiction installative.
D’une esthétique technique, sportive voir kitsch et assez agressive, Guillaume Ehinger retient des enchevêtrements de tubulures, des dégradés de couleurs métallisées à partir desquels il compose des sculptures se rapprochant d’un dessin tridimensionnel. Les dispositifs froids et complexes de machineries techniques, destitués de leur fonctionnalisme, s’harmonisent et se poétisent de manière presque absurde, dans l’articulation d’une esthétique sculpturale et gratuite.

Toutes les pièces de REvx21 se positionnent dans une brèche ambigüe entre l’artefact et l’abstraction. Chacune peut aussi bien évoquer un élément de l’industrie automobile que se référer à des formes historiques de la sculpture moderne ou minimale: des manifestations qui peuvent se rejoindre dans leurs profils virils et autoritaires. S’ajoutent à cette allusion, l’estampillage des éléments de l’exposition et l’habillage de la vitrine qui, mimant le martèlement d’une campagne de marketing offensive, renvoient aux romans d’anticipation où le monde est régi par des pouvoirs monocratiques et tentaculaires.
Le titre de l’exposition, dénué de sens, se développe à la manière d’une marque. Relayé par tous les objets comme une affirmation irréfragable, il signe et dicte induisant une fiction totalitaire.

Conçues à l’échelle 1, les éléments de REvx21 impliquent corporellement le visiteur. Guillaume Ehinger invite à interagir avec ses oeuvres. Les pièces sont en quelque sorte activables par la visite, rappelant des éléments de décor. Pourtant, au delà de la dystopie qui la scénarise, la fiction opère une dérive sur le réel. Les formes des tubulures amassées au sol n’ont pas été sculptées par l’artiste. Les barres ont été trouvées pliées, Guillaume Ehinger les a ensuite peintes avec des couleurs douces et dégradées. Cet amas de barres de métal pourrait apparaître comme l’image d’une autorité maquillée. Elle s’inscrit ainsi à deux niveaux – par sa provenance et par une interprétation possible – dans la réalité.
Enfin, la fiction présente encore une porosité au réel dans l’appréhension des éléments de manière autonome, en tant que sculptures, dont les références interrogent sur le statut de l’objet.