Jérôme Baccaglio / Grégoire Bolay, vue d'exposition, 2014 © Quark
Jérôme Baccaglio / Grégoire Bolay, vue d’exposition, 2014 © Quark
Jérôme Baccaglio / Grégoire Bolay, vue d'exposition, 2014 © Quark
Jérôme Baccaglio / Grégoire Bolay, vue d’exposition, 2014 © Quark
Jérôme Baccaglio / Grégoire Bolay, vue d'exposition, 2014 © Quark
Jérôme Baccaglio / Grégoire Bolay, vue d’exposition, 2014 © Quark
Jérôme Baccaglio / Grégoire Bolay, vue d'exposition, 2014 © Quark
Jérôme Baccaglio / Grégoire Bolay, vue d’exposition, 2014 © Quark
Jérôme Baccaglio / Grégoire Bolay, vue d'exposition, 2014 © Quark
Jérôme Baccaglio / Grégoire Bolay, vue d’exposition, 2014 © Quark

Jérôme Baccaglio / Grégoire Bolay

SUMMER SHOW

Vernissage le jeudi 17 juillet 2014
Exposition du 18 juillet au 28 août 2014

« Malgré mon opposition au caractère fixe de la signification, je suis contre l’absence de signification » Mike Kelley

Jerôme Baccaglio est un de ces artistes collectionneurs qui se nourrissent des images diffusées ou proposées par les médias et son environnement quotidien. Dans une sorte de syncrétisme iconographique, il articule ses compositions dessinées et sculptées par des juxtapositions contrastées de références populaires et savantes.
Ses dessins précis et clairs sont contrariés par les sujets qu’ils servent; des mises en scène d’éléments divers accolées sans transitions.

Jérôme Baccaglio cultive une ambiguïté sémantique. Les formats de ses pièces et la minutie de son trait incitent le visiteur à se rapprocher des dessins pour en percevoir les détails, souvent cocasses, absurdes voire dérangeants. Ce dernier se retrouve alors malgré lui dans une position gênante de voyeur.
Si l’artiste se défend de charger ses pièces d’un discours limpide, elles sont néanmoins chargées d’une histoire. En composant ses dessins à partir de modèles modifiés, Jerôme Baccaglio manipule des idiomes de la communication de masse, il les contorsionne à travers plusieurs prismes dont celui de l’histoire de l’art pour aboutir à des compositions singulières. Il crée des confrontations, des harmonies et des rapprochements abstrus avec des objets explicites.

Le travail de Grégoire Bolay fonctionne à rebours du trait méticuleux et laborieux de Baccaglio.
L’artiste pratique une peinture à l’huile dont les sujets relèvent d’une banque d’images-souvenir. Il ne travaille jamais d’après modèles et façonne ses œuvres de mémoire. Sa série de shaped canvases M.O., « Mémoire objet » sont des peintures à l’huile représentant des objets dans un style qui intègre les maladresses du souvenir. Inspiré par la bande dessinée européenne, Bolay engendre des représentations familières faisant fi de tout naturalisme. L’artiste se concentre sur des objets emblématiques de la bande dessinée. Sans passer par la fiction ou la mise en scène de figure humaine, il souligne l’importance des accessoires utilisés par les personnages, qui à eux seuls, constituent une narration évidente.
En imposant leurs formes aux toiles, les sujets peints de Grégoire Bolay se rapprochent de la sculpture. Leur accrochage non conventionnel (habituellement accrochées à hauteur de vue) confère une dimension spatiale et dynamique qui flirte avec l’installation.

Dans un ensemble de peintures et de dessins figuratifs, les deux artistes ont choisi de présenter des sculptures plus abstraites. Si Grégoire Bolay décrit Gentiane, Truite Bleue et Top modèle, (sculpture tripartite en bois recouvert de bitume noir) comme un escalier, le visiteur est confronté à d’énigmatiques tables gigognes étroites et rugueuses qui peuvent rappeler les sculptures de John Mc Cracken flirtant avec les codes du design industriel. Il troque néanmoins la surface lisse, réfléchissante presque clinique de l’artiste conceptuel avec un enduit rapeux et odorant qui confère à ses sculptures un aspect rude, vibrant et presque sale.

Les sculptures de Jérôme Baccaglio You Have to choose, You don’t have to choose et You’re such a funghi évoquent quant à elles les Structures de l’américain Sol Lewitt (1968) dans ses formes géométriques modulables. Là, l’artiste maltraite la prestigieuse référence en y apposant des sortes de graphes dessinés ou écrits. Avec une sorte de complexification maniériste, les pièces de Baccaglio sont réalisées en toile marouflée sur bois, feuille d’or et encre de Chine qui les rapprochent de la technique de la peinture et s’affranchissent de la notion de logique rationnelle chère à Lewitt.

En évoquant le Minimal art, Grégoire Bolay et Jérôme Baccaglio témoignent de l’ assimilation d’une scène avant gardiste du XXème siècle, tous deux la replace dans une réalité contemporaine concrète et urbaine.

D’un point de vue sémantique, les Gestes fossiles seraient les restes d’actions passées. Dans un va et vient de références conceptuelles, populaires et personnelles, les sculptures, peintures et dessins des deux artistes interviennent défaits de socles et de cadres, comme des corps chargés des strates de différentes cultures.

Jérôme Baccaglio (1983, FR) et Grégoire Bolay (1986, CH), tous deux issus de l’Ecal (Ecole Cantonale d’art de Lausanne) inaugurent la programmation des expositions collectives de Quark.