Jérôme Hentsch, vue d'exposition, 2016 © Annik Wetter
Jérôme Hentsch, vue d’exposition, 2016 © Annik Wetter
Jérôme Hentsch, vue d'exposition, 2016 © Annik Wetter
Jérôme Hentsch, vue d’exposition, 2016 © Annik Wetter
Jérôme Hentsch, vue d'exposition, 2016 © Annik Wetter
Jérôme Hentsch, vue d’exposition, 2016 © Annik Wetter
Jérôme Hentsch, vue d'exposition, 2016 © Annik Wetter
Jérôme Hentsch, vue d’exposition, 2016 © Annik Wetter
Jérôme Hentsch, vue d'exposition, 2016 © Annik Wetter
Jérôme Hentsch, vue d’exposition, 2016 © Annik Wetter

JEROME HENTSCH

RIDEAU

19 mai 2016
Exposition du 20 Mai au 30 Juin 2016

L’exposition se compose d’un livre tiré à 500 exemplaires et de 55 toiles peintes à l’acrylique sur toile.

Pendant est ce livre, une édition réalisée selon les canons du livre de poche. Sa couverture rejoue de
manière simplifiée celle des Justes d’Albert Camus chez Folio, alors que son développement s’articule en
sept tableaux, à l’instar des Mains sales de Sartre. Elle se pose formellement comme le mètre étalon de
l’exposition et la teinte d’une possible lecture par son affiliation littéraire.
Si les tableaux se divisent en deux formats (200 x120 cm et 40x 24 cm), tous reprennent à deux échelles
différentes celui du livre de poche. L’ensemble se déploie et se décline selon quatre variantes
assemblables ou autonomes: le monochrome, la didascalie, la peinture percée et le rideau.
Ces jeux de proportions et d’échelles remettent en question le tableau classique ouvrant une brèche vers
l’objet. Une ambiguïté qui s’accentue avec le caractère anthropomorphique que leur confèrent d’une part
leurs tailles – les petits formats deviennent des masques, les grands suggèrent un corps, les pages de
l’édition la mains – et d’autre part leur perforation. La double perforation insiste sur le sentiment de
masque induisant un regard. Comme des acteurs sur une scène de théâtre, les tableaux regardent en
notre direction sans nous voir. Le contact visuel du visiteur sur l’œuvre est renversé. La scène est quand
à elle explicitée par les rideaux à la polichinelle qui viennent créer des compositions bichromes sur
certaines toiles.
Regard et lecture sont mis en exergue par la dimension linéaire et sérielle que prend l’exposition: Un
alignement resserré qui fonctionne comme une phrase dont les éléments s’articuleraient selon une
grammaire précise et singulière.
Les couleurs sont dénuées de symbolique, les différentes pièces sont toutes ramenées voire aplaties au
même niveau. Pourtant, aussi silencieux qu’ils puissent paraitre, les éléments picturaux scandent ici
l’espace comme des rythmes, des figures de notes ou de silences. Chacune des peintures fonctionne
comme une mesure et s’associant à sa voisine, participe d’une partition globale. Couleurs, formes et
variantes fonctionnent comme une assemblée autonome élaborant un projet commun en nous observant.
Rideau est la première exposition personnelle de l’artiste genevois Jérôme Hentsch dans sa ville natale.
Pour l’occasion, il propose un ensemble de peintures. Pourtant, par la nature de leurs formes et par le
sens que crée cette séquence, les œuvres échappent à leur médium pour donner à voir, à lire et à
entendre, une œuvre résolument installative.