Konstantin Sgouridis, vue d'exposition, 2016 © Annik Wetter
Konstantin Sgouridis, vue d’exposition, 2016 © Annik Wetter
Konstantin Sgouridis, vue d'exposition, 2016 © Annik Wetter
Konstantin Sgouridis, vue d’exposition, 2016 © Annik Wetter
Konstantin Sgouridis, vue d'exposition, 2016 © Annik Wetter
Konstantin Sgouridis, vue d’exposition, 2016 © Annik Wetter
Konstantin Sgouridis, vue d'exposition, 2016 © Annik Wetter
Konstantin Sgouridis, vue d’exposition, 2016 © Annik Wetter
Konstantin Sgouridis, vue d'exposition, 2016 © Annik Wetter
Konstantin Sgouridis, vue d’exposition, 2016 © Annik Wetter

KONSTANTIN SGOURIDIS

KROKUS

Vernissage le jeudi 15 septembre 2016
Exposition du 16 septembre au 22 octobre 2016

Krokus est une exposition personnelle de Konstantin Sgouridis, artiste genevois membre du collectif Klat. L’artiste développe une narration à multiples entrées à travers un ensemble de peintures et de sculptures.

Se faisant fi de toute précision et d’un certain hygiènisme pictural, les toiles sont réalisées à l’huile et laissent transparaître la temporalité et les épaisseurs que le medium suppose. Leurs compositions nébuleuses s’agencent en superpositions. Elles dévoilent des sortes de collages iconographiques mêlant des esthétiques dont les influences font le grand écart entre l’académisme, la bande dessinée et un certain folklore.

L’échelle 1/1 choisie par l’artiste pour ses sculptures, leur confère une dimension installative et trace un parcours à travers des scénettes suspendues et silencieuses.

À différents niveaux dans l’exposition, il est question, d’ingestion, de gestation et de deuil. Konstantin Sgouridis aborde la condition humaine, ses transitions et ses mutations, par leurs profils cyclique, absurde et chaotique.
Le visiteur est dès son entrée accueilli par un portier statique qui évoque le cercueil dressé dans l’embarcation de Charon dans l’Ile des Morts d’Arnold Böcklin. Cette référence au romantisme teinte l’exposition d’une teneur singulière et intime. Konstantin Sgouridis propose une représentation de la figure macabre chargée d’un syncrétisme étrange qui oscille entre culture pop (graphismes cartoonesques ou proches de certaines pochettes de disques de rock) et rites antiques (allusion à la mythologie grecque et égyptienne), des références liées à la propre histoire de l’artiste. Cette posture romantique rappelle par ses aspects hybrides, biographiques et ironiques, celle de Paul Thek lorsqu’il réalise Tomb dead hippie, autoportrait en hippie gisant plus ou moins à la manière d’un patricien romain.

Ce syncrétisme se retrouve dans la présence des crocodiles qui ponctuent le parcours. Au delà de leur format publicitaire, ces figurines peuvent être envisagées comme une version plutôt grotesque du crocodile Lacoste. Un cœur dans la bouche, ils s’affilient directement à Ammout, la chimère égyptienne chargée de dévorer les cœurs qui ne passent pas l’épreuve de la pesée lors du jugement des morts. Associés à Albertus ils sont des allusions à Sobek – dieu crocodile qui lutte contre le chaos personnifié par un serpent – garant du cycle des jours et du renouveau.
Outre l’image du chaos Albertus accepte aussi sa lecture opposée. Cette peau sans figure semble une mue en devenir, l’enveloppe d’un nouvel objet. À l’instar de Joseph Beuys, l’artiste envisage l’enveloppement comme un geste protecteur, guérisseur voire créateur.
Enfin, la condition humaine est suggérée par le mythe des Moires, fileuses grecques qui déterminent le destin des hommes. Hasard et déterminisme sont alors suggérés par la présence récurrente du fils et du tissage dans l’exposition.

À travers ce tramage de références hétéroclites et anachroniques, Konstantin Sgouridis crée un vocabulaire spécifique à la narration de l’exposition qui, à la manière du crocus, illustre l’inéluctable cycle du temps.