Paul Limoujoux, vue d'exposition, 2014 © Annik Wetter
Paul Limoujoux, vue d’exposition, 2014 © Annik Wetter
PAUL LIMOUJOUX, Mh, 2013, résine, peinture à l’huile, 9x3 cm © Annik Wetter
PAUL LIMOUJOUX, Mh, 2013, résine, peinture à l’huile, 9×3 cm © Annik Wetter
PAUL LIMOUJOUX, Mh, 2013, résine, peinture à l’huile, 9x3 cm © Annik Wetter
PAUL LIMOUJOUX, Mh, 2013, résine, peinture à l’huile, 9×3 cm © Annik Wetter
PAUL LIMOUJOUX, Mh, 2013, résine, peinture à l’huile, 9x3 cm © Annik Wetter
PAUL LIMOUJOUX, Mh, 2013, résine, peinture à l’huile, 9×3 cm © Annik Wetter
PAUL LIMOUJOUX, Mh, 2013, résine, peinture à l’huile, 9x3 cm © Annik Wetter
PAUL LIMOUJOUX, Mh, 2013, résine, peinture à l’huile, 9×3 cm © Annik Wetter
Paul Limoujoux, vue d'exposition, 2014 © Annik Wetter
Paul Limoujoux, vue d’exposition, 2014 © Annik Wetter

PAUL LIMOUJOUX

Vernissage le Jeudi 20 Mars 2014
Exposition du 21 Mars au 8 Mai 2014

Le dimanche est une journée singulière. Elle est d’ailleurs la seule à ne pas rimer avec les autres jours. Le suffixe devient préfixe et la temporalité de ce jour est différent. Les rues se désertifient et si l’humeur n’est pas à la balade champêtre, elle est à la vie domestique. La maison devient le terrain d’occupations variées, les corvées ménagères, les traditionnels repas de familles, les jeux, la lecture, la télévision. Des moins réjouissantes aux plus oisives, les activités du dimanche convoquent toute une série d’objets domestiques laissés pour compte pendant les « jours ouvrables ».

Le travail de Paul Limoujoux ressemble à ce que l’on pourrait imaginer d’un abécédaire de l’ordinaire. Un ordinaire représenté souvent en trois dimensions dans un agencement simple et poétique. Domingo est l’un de ces agencements, une mise en scène d’objets rudimentaires rendus presque invisibles par leur trivialité. Il ne s’agit pas de rendre justice à des objets oubliés mais plutôt de porter un regard neuf sur leurs formes, leurs couleurs et sur la présence qu’il dégagent.

Un paquet de chewing-gum vide, des bouteilles de lessives, des mélangeurs à cocktails ou encore des ancres de façade ; les objets représentés par Limoujoux, sont à l’inverse des ready made, des artefacts de leur réalité. Leur fonction est annulée par la technique employée par l’artiste pour les représenter. Il s’agit de reproductions formelles fidèles, souvent des moulages qui s’apparentent à des natures mortes ou des accessoires de théâtre. Les objets désactivés et figés par l’artiste sont ensuite manipulés et placés dans une composition qui crée du sens. L’importance qu’accorde Limoujoux à la phrase qui traduit le titre de l’exposition « dimanche en espagnol » laisse transparaitre ce processus de création. Ses expositions occasionnent des idiomes particuliers. Les œuvres revêtent alors une dimension syntagmatique qui alimente une chronique fictive et réaliste. Les heures dominicales sont aussi les heures des peintres et des bricoleurs – que l’on nomme étrangement perdues – qui s’adonnent à leurs pratiques préférées. C’est le moment des expériences plastiques et des rafistolages en tout genre. Il règne un climat de modestie et de discrétion dans le travail de Paul Limoujoux. Un travail peu bruyant qui joue des subtilités de ses petites trouvailles. Les mélangeurs à cocktails sont des moulages en plomb. Ils sont disposés au mur comme des ancres de façades, ornements utilisés dans l’architecture pour décorer les extrémités des tirants qui soutiennent les murs des constructions depuis le Moyen Age. Ces ancres, qui prennent fréquemment des formes de Y, X ou S ponctuent les façades comme des codes sans significations, ce sont des lettres qui n’écrivent rien. Leur présence est au final due à la volonté de maquiller un élément structurel fondamental de l’édifice. Paul Limoujoux accentue ce type de pirouettes avec ironie. Cet élément fort de l’architecture occidentale, est évoqué par un objet très frêle réalisé dans un matériau extrêmement tendre.

Domingo est une proposition qui traite de la vie de tous les jours, de la fragilité et de l’intimité domestique. Paul Limoujoux, dresse avec acuité et ironie le portrait d’une temporalité.

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