Thomas Koenig / Camille Walala "Slip Knit Pass Over, parfois Topspin" - © Annik Wetter
Thomas Koenig / Camille Walala « Slip Knit Pass Over, parfois Topspin » – © Annik Wetter
Thomas Koenig / Camille Walala "Slip Knit Pass Over, parfois Topspin" - © Annik Wetter
Thomas Koenig / Camille Walala « Slip Knit Pass Over, parfois Topspin » – © Annik Wetter
Thomas Koenig / Camille Walala "Slip Knit Pass Over, parfois Topspin" - © Annik Wetter
Thomas Koenig / Camille Walala « Slip Knit Pass Over, parfois Topspin » – © Annik Wetter
Thomas Koenig / Camille Walala "Slip Knit Pass Over, parfois Topspin" - © Annik Wetter
Thomas Koenig / Camille Walala « Slip Knit Pass Over, parfois Topspin » – © Annik Wetter
Thomas Koenig / Camille Walala "Slip Knit Pass Over, parfois Topspin" - © Annik Wetter
Thomas Koenig / Camille Walala « Slip Knit Pass Over, parfois Topspin » – © Annik Wetter

THOMAS KOENIG / CAMILLE WALALA

SLIP KNIT PASS OVER PARFOIS TOPSPIN

Vernissage Jeudi 14 Janvier 2016
Exposition du 15 Janvier au 24 Février 2016

Exposition en collaboration avec Sarah Ihler-Meyer

Quel rapport entre la designer Camille Walala et le plasticien Thomas Koenig? A priori, aucun.
D’un côté, des formes abstraites géométriques et dynamiques aux couleurs détonantes; de l’autre, des objets ordinaires et des détritus organisés de manière sérielle.
Méticulosité contre geste simple. Pourtant, par-delà ces oppositions formelles et processuelles, Camille Walala et Thomas Koenig se rejoignent du point de vue des déplacements qu’ils opèrent entre culture savante et populaire, art et non-art.
Tout deux pratiquent un art d’attitude. Du plus petit détail d’un objet à la structure architecturale du lieu où ils exposent, tout est chez eux un élément constitutif d’une attitude globalisante et envahissante. Dans des registres formels bien différents, chacun est à même d’imprégner un espace, une atmosphère, de sa signature.
Librement inspirée par Memphis, l’art Ndebele et l’Op art, Camille Walala déploie ses motifs dans la rue, sur des bâtiments et des objets mobiliers, créant ainsi des environnements qui déjouent les frontières entre arts plastiques et arts appliqués.
De son côté Thomas Koenig détourne des objets et des déchets du quotidien, désacralisant ainsi l’art en même temps qu’il élève l’ordinaire au statut d’œuvre d’art. L’artiste déforme et reforme supports et espaces par des gestes, de l’infime au radical, qui produisent des rythmes délibérément en contre temps de la partition originelle.

Thomas Koenig et Camille Walala se positionnent dans une pratique de l’alternative. Ils proposent chacun une esthétique qui interroge et renverse l’espace d’exposition, faisant passer la marge au centre. Ainsi, pour «Slip Knit Pass Over, parfois Topspin», Camille Walala a réalisé des peintures murales à partir de zones habituellement peu regardées – encablures de portes, angles et conduits d’aération — qui se développent de manière progressive jusqu’à la dernière salle.
Autant de zones qui deviennent sous l’emprise des compositions de Camille Walala potentiellement invasives, décentrant le regard tout en encadrant les pièces conçues par Thomas Koenig pour cette exposition. Les pièces présentées sont des sculptures qui empruntent leur format au vocabulaire du mobilier. D’une part, des lampes réalisées à partir d’un assemblage de boites de lessive, de dessins et de led; d’autre part, des chaises constituées d’étendoirs à linge dont les assises impraticables sont composées de sacs en plastique contenant les scotchs utilisés pour les muraux de Walala.
Si les peintures de Camille Walala s’imposent par leurs couleurs tranchées et leurs formes massives, les sculptures de Thomas Koenig se distinguent par leur nature fragile et incertaine. Les jeux de contre poids, de tension et de gravité deviennent des matériaux avec lesquels il assemble et sculpte des meubles absurdes dans un geste pesé et nerveux. Dans un processus d’inversion l’artiste digère la peinture de la designer en l’injectant dans un design dysfonctionnel.

En d’autres termes, chargé de tensions sur les plans formel et conceptuel, le dialogue entre Walala et Koenig ne ménage pas moins une perspective commune, de l’ordre du retournement des hiérarchies.