Exposition, Thomas Koenig, vue d'exposition, 2018, © Annik Wetter
Exposition, Thomas Koenig, vue d’exposition, 2018, © Annik Wetter
Exposition, Thomas Koenig, vue d'exposition, 2018, © Annik Wetter
Exposition, Thomas Koenig, vue d’exposition, 2018, © Annik Wetter
Exposition, Thomas Koenig, vue d'exposition, 2018, © Annik Wetter
Exposition, Thomas Koenig, vue d’exposition, 2018, © Annik Wetter
Exposition, Thomas Koenig, vue d'exposition, 2018, © Annik Wetter
Exposition, Thomas Koenig, vue d’exposition, 2018, © Annik Wetter
Exposition, Thomas Koenig, vue d'exposition, 2018, © Annik Wetter
Exposition, Thomas Koenig, vue d’exposition, 2018, © Annik Wetter

THOMAS KOENIG

Exposition

Vernissage le 17 mai 2018
Exposition du 18 mai au 14 juillet 2018

Les sources matérielles de Thomas Koenig proviennent de son environnement immédiat. L’artiste pratique une écologie personnelle de l’ordre du recyclage de son quotidien. Une observation scrupuleuse de ses pièces permettrait peut-être de dégager le profil d’un biotope.
En puisant dans l’anodin, Thomas Koenig parvient à affranchir ses œuvres de la tendance révérencieuse qui consiste à injecter aux objets, un cocktail de références à l’histoire de l’art, de la littérature ou encore de la science; pourtant, son processus de création n’y échappe pas complétement.

« (…) la dérive se définit comme une technique du passage hâtif à travers des ambiances variées. Le concept de dérive est indissolublement lié à la reconnaissance d’effets de nature psychogéographique, et à l’affirmation d’un comportement ludique-constructif, ce qui l’oppose en tous points aux notions classiques de voyage et de promenade.» 1

Cette introduction à l’article de Guy Debord, Théorie de la Dérive, induit une autre appréhension de l’environnement urbain. L’auteur suggère de s’éloigner d’un déplacement contraint par la nécessité, pour saisir de nouveaux points de vue subjectifs, sensibles et expérimentaux.
Thomas Koenig ne pratique pas délibérément la dérive telle que la théorise l’article, il se laisse néanmoins solliciter par son environnement. L’artiste, attentif aux espaces qu’il traverse, en prélève des solutions formelles qui deviendront des œuvres.

L’espace statique du lieu d’exposition est envisagé par l’artiste au même titre que l’espace public. Un lieu soumis pour différentes raisons, à des besoins de circulation. Il en étudie les formes, les particularités, les articulations, puis, il opère de légers déplacements. Les transformations du lieu coexistent et dialoguent avec les éléments rapportés de dehors.
Des détails structurels ou et les articulations de l’aménagements intérieurs sont soulignés, augmentés voire transformés. Leurs fonctions exacerbées les détachent paradoxalement de leurs fonctionnalités pour les engager dans une posture de sculpture ou de dessin.

A Quark, Thomas Koenig recrée un contexte d’exposition. Le contexte devient œuvre, en quelque sorte Exposition expose le lieu.
Dans ce jeu de renversements, l’éclairage au sol installé sur câbles, oblige le visiteur à être à être attentif à sa circulation. Rien n’est très confortable: la vitrine, recouverte d’un film miroir, renvoie vers l’intérieur et réfléchit les gestes de chacun. Les cadres de portes, doublés de manière plus ou moins épaisse, mettent en évidence et compliquent le passage d’une pièce vers une autre; ces glissements spatiaux contraignent le visiteur à se déplacer différemment.

Les trois toiles accrochées au plafond fonctionnent à rebours de la technique de la peinture. Au lieu de procéder par adjonctions de couleur, les compositions sont réalisées par soustractions du pigment de la toile. Une technique de décoloration à la javel, qui se rapproche de la photographie, tant dans la chimie aqueuse de son développement, que dans la prise en considération de son temps d’exposition.
Les traces rouille du détergent font apparaitre la toile noire, laissée en réserve sous des adhésifs disposés en formes géométriques approximatives; elles évoquent les possibles agencements imaginés par l’artiste à partir des plans de Quark. Ces retranscriptions de l’espace, réalisées de mémoire, opèrent une altération de la réalité; une restitution subjective obtenue par déplacements mentaux.
Il est encore une fois question d’espace, de topographie, de déploiement et d’alternatives.

Présentées à distance des murs, les toiles laissent la possibilité à ces derniers de revêtir, au delà de leurs fonction structurelle, une qualité picturale. La superposition des couches de bâches créent une composition aléatoire all over faisant échos à la peinture monochrome toujours plus grande et radicale.

Agissant comme une diaphore, oscillant entre les différents sens du terme, Exposition, fonctionne comme tous les éléments qui composent le projet. Ainsi, partant du constat que l’espace conditionne et dans une certaine mesure, formate ce qu’il contient, Exposition s’emploie à modifier la structure du lieu. Thomas Koenig invite le visiteur à se mouvoir dans l’espace de manière plus sensible.

1 Guy Ernest Debord Théorie de la dérive, publié dans Les Lèvres nues n°9, décembre 1956 et Internationale Situationnisten°2, décembre 1958.